A la suite de rencontres fortuites, "plus ou moins animées", entre chasseurs et promeneurs dans le Massif de l'Hautil, il nous a été demandé de rappeler certaines particularités concernant cette forêt.
CHASSEURS : Dans la partie Trielloise et Chantelouvaise du massif de l'Hautil, 500 ha de forêt sont exploités alternativement sur les 2 communes par la société de chasse locale. La période de chasse y est fixée chaque année du 1er samedi de novembre au dernier samedi de février, l'après-midi aux heures diurnes seulement.
Il s'agit de battues administratives sous contrôle de la Préfecture et de l'ONF. Les chasseurs sont Chantelouvais ou Triellois. Ils bénéficient d'une autorisation spéciale Préfectorale. L'accès de la zone se fait sous leur propre responsabilité.
lutte contre la prolifération des sangliers: Un prélèvement sélectif annuel est en effet nécessaire pour éviter la prolifération des sangliers qui causent d'énormes dégâts dans les cultures alentour. Il s'agit surtout de mâles (sujets âgés). Les femelles et les marcassins sont épargnés afin de conserver la pérennité de l'espèce. Durant cette période, une surveillance accrue contre le braconnage est exercée (biches et cerfs tués par des gens du voyage sans permis en 2006, 2007 et 2008).
Lutte contre la prolifération du renard: là encore la chasse est indispensable. La population des renards doit être contrôlée. En effet, cet animal est victime de façon récurrente d'une maladie : l’échinococcose alvéolaire , plus communément appelée "maladie du renard". Maladie rare mais potentiellement grave, elle provoque chez l’homme des lésions nécrotiques au niveau du foie qui peuvent engager le pronostic vital du patient. La maladie évolue lentement et les signes cliniques apparaissent de 5 à 15 ans après infestation. Les battues, autorisées par arrêté municipal au niveau de la plaine, entre Chanteloup et Triel, ont lieu 2 journées en semaine en hiver.
PROMENEURS ET VETETISTES :le danger est bien réel. Il est signalé par des pancartes un peu partout. Malheureusement, nous constatons chaque week-end la présence de personnes de toute la région qui ne tiennent aucun compte de ces avertissements.
Rappelons qu'en cas d'accident dans le massif, seul le service G.R.I.M.P du S.D.I.S (sapeurs-pompiers spécialisés en milieu périlleux) est autorisé à intervenir sur place. 7 accidents en 5 ans, heureusement non mortels, sont à déplorer. Il s'agit pour l'essentiel de cyclistes blessés tombés dans un fontis et pour un cas, d'un ramasseur de champignons. Aucun d'entre eux n'a pu remonter du fond de l'effondrie par ses propres moyens. Une chance que des témoins aient entendu leurs cris.
Pour information, il faut savoir qu'une intervention du G.R.I.M.P coûte en moyenne entre 5 et 10.000 Euros.
Bien que non communale, appartenant à une multitude de propriétaires privés, cette forêt réputée très dangereuse est interdite aux promeneurs par arrêté municipal depuis l'effondrement de 1991 qui a coûté la vie à un jeune homme de 20 ans disparu dans un fontis, avec 3 caravanes et qui n'a jamais été retrouvé.
Donnant le faux aspect d'un endroit tranquille, la forêt recèle en son sous-sol un réseau serré de plus de 100kms de galeries en profondeur (jusqu'à 70 mètres) qui menacent de s'effondrer à tout moment. On peut assimiler la formation d'un fontis à un gigantesque sablier. Il suffit de quelques secondes pour qu'il se transforme en un piège mortel. On recense déjà plus de 300 fontis dans le massif de l'Hautil dont certains font près de 30 m de diamètre et 10m de profondeur. De nouveaux trous se font jour chaque année.
Pour se rendre compte des dangers encourus, les personnes intéressées par ce problème peuvent consulter en mairie la carte des carrières de gypse qui y ont été exploitées durant plus d'un siècle. Les téméraires doivent savoir qu'ils ne sont pas à l'abri d'un nouveau drame. Souhaitons que la lecture de ces lignes les amène à réfléchir aux conséquences.
Le Maire-adjoint à la Sécurité et à la Vie Citoyenne
J. RAFTON