Un héros Triellois de la Résistance, Georges Roger BOURDY

Aux périodes les plus sombres de l'histoire de France, il s'est toujours trouvé des hommes d'exception pour relever les défis.
Refusant de courber la tête sous le joug de l'oppresseur, ils ont souvent tout quitté, maison, travail, famille, enfants, confort, pour apporter leur pierre à une lutte inégale, pour laquelle ils ont souvent donné leur vie. Vivant dans la clandestinité, obligés de fuir sans cesse pour échapper aux représailles, le sacrifice suprême de ces hommes de l'ombre doit rester un exemple pour les générations futures.
Georges Roger BOURDY fût l'un d'entre eux.
Mobilisé au début du conflit, en 1939, il est fait prisonnier par l'envahisseur dans une France en pleine débâcle qui vient de capituler. Refusant la défaite, il s'évade et entre dans la Résistance dès le mois d'août 1940. Son destin est alors scellé.
Homme de caractère, meneur d'hommes, intelligent, rigoureux et fier, il sait qu'il ira jusqu'au bout de son engagement, quoi qu'il en coûte. Il crée alors à l'échelon départemental, l'Organisation Clandestine des A.V.S qui s'occupe spécialement de la fabrication des faux-papiers, cartes d'identité, tracts subversifs antiallemands et journaux clandestins dont il assure la distribution massive.
Recherché par la Police Allemande (Gestapo) au mois de septembre 1941, il est contraint de changer de secteur pour échapper à ses poursuivants. Il passe alors dans la Marne où il est nommé responsable départemental du Front National (branche clandestine de la Résistance)
Là, il réussit à regrouper les différents mouvements du département, pour en faire une organisation structurée. En juin 1942, il est nommé délégué Interrégional F.T.T.P (Francs-tireurs et Partisans Français) dans les départements du Doubs, de la Haute-Saône et de la Haute-Marne.
Considéré comme activiste dangereux pour l'occupant qui le traque sans relâche, il n'en poursuit pas moins son action. Pour sa sécurité et celle du mouvement, il faut qu'il parte. Il est alors muté en juin 1943 dans le Sud-ouest, avec le grade de Commandant militaire. Habillé en ecclésiastique, il se joue des nombreux pièges tendus par les policiers nazis qui sont à ses trousses. Forts mécontents de ne pouvoir mettre la main sur lui, les services allemands, en quête de renseignements, vont alors s'intéresser de près à sa famille qui subira à son tour les tracasseries vicieuses et humiliantes de l'occupant. Sans résultat.
Cependant, l'étau se referme sur lui peu à peu, inexorablement. A la suite d'une dénonciation, il est arrêté en mission le 21 septembre 1943 à Bordeaux, puis incarcéré au fort du Hâ. Dans ce lieu de sinistre mémoire qui verra souffrir et mourir de nombreux partisans de la liberté, il va résister héroïquement à ses bourreaux qui lui feront subir d'affreuses tortures. Dans ce haut-lieu de la résistance, la répression va être terrible et il sera fusillé le 26 janvier 1944. Il avait 37 ans.
D'un courage hors du commun qui force le respect, il tombera sous la salve du peloton, en ce petit matin glacé, en chantant une dernière fois la Marseillaise. Il laissait une veuve et un orphelin âgé de 10 ans seulement.
Mort pour la France, il repose dans le cimetière de Rochefort en Poitou-Charentes.
Georges Roger BOURDY Lieutenant-colonel des Ex Forces Françaises de l'Intérieur est titulaire de la Croix de guerre avec palme et de la médaille de la Résistance Française. Il a été promu, à titre posthume, dans l'ordre de la Légion d'Honneur avec le grade de chevalier, par le Président du gouvernement provisoire de la République, le Ministre G. Bidault, le 3 septembre 1946.
Sa famille réside toujours à Triel.
Jean Rafton